adèle Bessy
Adèle Bessy

Lorsqu’elle s’appelle Geneviève Mabillot, cette artiste réalise une œuvre naïve, faite de petits personnages totalement statiques, aux yeux vides perdus dans le lointain, et aux mains inactives. Des êtres côte à côte mais ne se regardant jamais, et figés en des postures appartenant à des quotidiennetés familiales. Remarquables sont la précision du pinceau, la finesse du détail, l’art de rendre un velours, une dentelle…

Adèle Bessy

Face aux œuvres d’Adèle BESSY, le visiteur est forcément ébahi en constatant la totale démesure de l’artiste. De véritables grappes « humaines » se bousculent sur la toile, se chevauchent, confrontent leur monstruosité, deviennent centaures, griffons…

Adèle BessyL’œuvre prend des connotations culturelles, se rapproche de Bruegel, Bosch, ou Arcimboldo. Tout se passe comme si, soudainement, les fantasmes les plus fous étaient permis, comme si chaque personnage mettait son âme sur son visage, étalait au grand jour ses plaies et ses meurtrissures intérieures. Comme si dames à hennin, gnomes, angelots, ou sirènes se livraient de concert à d’interminables bacchanales….

Partout, un foisonnement insensé de personnages seuls ou en couples, serrés les uns contre les autres ; des entrelacs d’individus aux fins visages ou au contraire aux faciès monstrueux, mêlent à leur vie menée avec la plus grande vivacité, une évidente jubilation perverse.

LE MONDE FANTASMAGORIQUE d’ADELE BESSY.

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Geneviève Mabillot
Geneviève Mabillot
Grande est la surprise du spectateur entrant, au Musée d’Art naïf de Noyers-sur-Serein, dans la salle “Mabillot-Bessy” : très vite, il réalise qu’elles ne sont, en fait, qu’une seule et même personne. Troublant “couple”, où il a suffi à l’une de se glisser dans la peau de l’autre, pour quitter un petit monde au quotidien et exploser dans la fiction. Née en 1946, Geneviève Mabillot, autodidacte, produit des œuvres sur toile : un travail infiniment précis, presque précieux, réaliste, un peu naïf.

Geneviève Mabillot
Geneviève Mabillot
Née en 1946, Adèle Bessy alias Geneviève Mabillot, autodidacte, produit des œuvres sur toile : un travail infiniment précis, presque précieux, réaliste, un peu naïf. L’artiste met en scène des intérieurs banals, des paysages pittoresques dans lesquels elle cadre des personnages totalement statiques, les yeux vides ; des êtres côte à côte, mais seuls avec leur angoisse, incapables de communiquer entre eux.

A la mort de sa mère, l’artiste, inconsciemment, avaient pris le nom de jeune fille de celle-ci. Mais un jour, les sages personnages de Geneviève Mabillot ont cédé la place à la totale démesure d’Adèle Bessy.

Adèle Bessy
Adèle Bessy
De véritables grappes “humaines” se bousculent désormais sur la toile, confrontent leurs monstruosités, deviennent centaures, griffons… L’oeuvre prend des connotations culturelles, se rapproche de Breughel, Bosch ou Arcimboldo. Tout se passe comme si, soudainement, les fantasmes les plus fous étaient permis, comme si chaque personnage mettait son âme sur son visage, étalait au grand jour ses plaies et ses meurtrissures intérieures.

La précision du pinceau de l’artiste, la finesse du détail, l’art de rendre un velours, une dentelle, sont intacts, mais les couleurs ont totalement changé : des dominantes bleues, elle sont passées à des bruns vert-glauque, des ocres violacés souvent morbides. Néanmoins, la vie retrouvée, la vivacité, la jubilation perverse de ses créatures, rendent paradoxalement les tableaux d’Adèle Bessy moins porteurs d’angoisse que ceux de Geneviève Mabillot.


ENTRETIEN DE JEANINE RIVAIS AVEC ADELE BESSY

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Adèle Bessy
Adèle Bessy
Jeanine Rivais : Adèle Bessy, vous êtes née en 1946 et ne commencez à peindre qu’en 1982. Que s’est-il passé entre ces deux dates et pourquoi cette vocation tardive ?
Adèle Bessy: J’ai toujours aimé dessiner. Petite fille, je dessinais beaucoup. J’aurais voulu faire une carrière artistique, en particulier illustrer des livres pour enfants. Mais mon père était instituteur : cette branche n’offrant “aucun avenir”, il m’a toujours empêchée de la suivre. Comme, par ailleurs, j’étais en semi-échec scolaire, j’ai dû choisir une filière commerciale qui ne me plaisait pas du tout ! J’ai continué à dessiner pour le plaisir jusqu’à ce que je commence à travailler. Là, arrêt total pendant plusieurs années ! Je me suis mariée à trente ans, j’ai eu mes deux enfants. Quand je suis venue vivre à la campagne, je me suis sentie très seule, j’ai éprouvé le besoin de reprendre le dessin et la peinture, sur papier, sur bois, toujours en dilettante. Environ cinq ans après mon arrivée à Herbeville, j’ai rencontré une femme-peintre avec qui je me suis mise à travailler de façon plus élaborée. Elle m’a présentée au peintre Hucleux qui s’est intéressé à mon travail naïf et m’a encouragée.La mort de ma mère a bousculé beaucoup de choses dans ma tête, et provoqué une vraie frénésie de peindre. Je n’ai jamais cessé depuis.
Geneviève Mabillot
Geneviève Mabillot
Jeanine Rivais : Votre nom est Geneviève Mabillot Sous cette dénomination, vous commencez une série d’œuvres tournant autour de la famille : très figuratives, faussement naïves, extrêmement travaillées : Quelle définition donnez-vous de cette peinture première époque ?Adèle Bessy : Je pensais être… Je me sens vraiment naïve !Jeanine Rivais : Je dis “faussement” parce que vous maîtrisez bien plus votre travail que la plupart des peintres naïfs. Vous possédez une technique beaucoup plus sûre que les leurs ! Mais vous devez garder ce vocable s’il vous convient !

Adèle Bessy : Quand j’ai commencé ce qu’on pourrait appeler une carrière de peintre, j’avais plutôt l’impression de créer des “images”. Mon travail n’était pas une expression directe : je prenais une photo, elle me rappelait des souvenirs que je me contentais de transcrire. Par exemple, mes “Communiantes” sont une interprétation de mon enfance, de l’éducation très stricte, baignée de catholicisme que j’ai reçue. J’éprouvais à cette époque, un besoin de tourner en dérision certains épisodes de ma vie.

Par contre, mon travail actuel est dégagé de toute idée préalable. Il est tout à fait spontané, le fruit de mon inconscient, directement porté sur la toile.

Jeanine Rivais: Vos personnages, vos jeunes filles notamment, ont le visage allongé, finement ciselé des icônes slaves et le fameux profil grec de la statuaire antique : d’où vous viennent ces influences ?

Adèle Bessy : Je l’ignore totalement ! Peut-être des livres d’images que je feuilletais et qui se seraient gravés dans ma mémoire ? Ou encore de l’omniprésence de l’église dans mon enfance ? De toutes ces Vierges que j’ai regardées ! Peut-être est-ce mon interprétation de la Mère ? Une enfant, séparée de sa mère, et que l’on conduit régulièrement à l’église, doit forcément, en voyant une Vierge à l’enfant, transposer sa propre vie ?

Geneviève Mabillot
Geneviève Mabillot
Jeanine Rivais : Plusieurs constantes sont fascinantes dans votre travail : vos personnages ont presque toujours les mains inactives, croisées sur la poitrine, leurs yeux sont vides, presque vitreux, fixés vers un horizon imprécis, comme s’ils mettaient le visiteur (ou un invisible interlocuteur) au défi de lire dans leurs pensées ; ils sont côte à côte. Leur attitude est lasse ; il ont l’air, peut-être, de mourir d’ennui, ou d’être dans l’incapacité absolue de communiquer entre eux ; la mère est omniprésente, toujours à l’arrière-plan, comme si elle guettait les fillettes, les adolescentes ? (à ce propos, très peu d’hommes entrent dans votre travail, et pas de garçonnets).

Pourquoi cette reprise obsessionnelle de ces divers éléments ?

Adèle Bessy : Les mains inactives sont pour moi symboles de méditation : j’ai souvent vu ma mère méditer, dans une position de repli sur soi. Je pense également beaucoup aux anges gardiens, à tous ces êtres partis dans l’au-delà, qui vous couvrent, veillent sur vous, peuvent avoir l’air absent mais sont en fait présents dans votre vie de tous les jours.

Les gens actifs sont ma réalité quotidienne, mais la méditation, le côté spirituel sont ce qui me préoccupe le plus. De même pour les yeux : c’est une présence intérieure, pas la pesanteur du quotidien. 

Jeanine Rivais : Là vous semblez en opposition avec vos personnages : s’ils étaient en train de méditer, ils auraient un regard introverti ; or, ils fixent vraiment un point lointain. Mais comme ils ne manifestent aucune expression de joie, de tristesse… que regardent-ils ?

Adèle Bessy : Il m’est impossible de vous le dire ! Il est exact que mes personnages sont incapables de communiquer ! Je souffre moi-même de ce manque de communication avec les gens, avec ma famille. Je sais pertinemment que c’est une sorte de fuite, un moyen de cacher des manques : c’est pourquoi les personnages de mes tableaux n’ont jamais l’air de se voir ou de se parler.

Quant à la présence de la mère, elle traduit encore un sentiment très personnel, celui de ne pas être assez présente à l’égard de ma famille ! Par contre, je ne peux absolument pas expliquer l’absence de garçonnets!

Adèle Bessy
Adèle Bessy
Jeanine Rivais : Soudain, vous devenez Adèle Bessy, et votre œuvre bascule totalement. Que s’est-il passé dans votre vie qui explique ce changement ?

Adèle Bessy : Ma mère s’est suicidée. A sa mort, j’ai éprouvé une très forte envie de changer de nom. D’un seul coup je me suis dit : “pourquoi ne pas prendre le nom de jeune fille de ma mère” ? Comme elle avait été totalement absente de mon enfance, puisqu’elle était déjà internée en asile psychiatrique, c’était lui permettre d’en faire désormais partie à part entière. J’ai choisi son nom de jeune fille parce que, pour moi, sa véritable identité s’est arrêtée quand elle a changé de nom, qu’elle a épousé mon père. A ce moment-là, tout s’est brisé en elle parce qu’elle n’a pas eu le courage d’affronter l’autorité de sa famille. Surtout, elle n’a pas su s’affirmer face à mon père qui l’a toujours reléguée au rang de femme d’intérieur, alors qu’elle avait un potentiel créatif certainement important. Mais elle était trop inhibée, trop timide pour se révolter. C’est ce qui l’a rendue malade. Prendre son nom de jeune fille signifiait assurer une continuité, prolonger une existence potentielle, lui donner une vie conforme à son identité. Si elle avait pu le faire elle-même, elle n’aurait pas sombré dans la folie.

Reprendre son nom, c’était à la fois conjurer une obsession, ma hantise de devenir folle comme elle et changer le cours de nos deux destins.

Jeanine Rivais : Votre œuvre désormais ne laisse plus de place à un décor domestique, banal, si important auparavant. Elle présente un foisonnement d’individus qui, par ailleurs, ne sont plus jamais en pied. Pourquoi ?

Adèle Bessy : Il n’y a plus de fond parce que mon travail n’a plus de rapport avec la réalité. Il a trait à une espèce d’au-delà, un inconnu où je situe des esprits qui m’influencent, m’apportent des images irréelles et non des images qui seraient des tranches de vie.

Mes personnages ne sont plus entiers parce qu’ils sont déstructurés, anges ou démons, sans aucune matérialité ; des sortes de particules de l’atmosphère, comme on imaginerait un éparpillement d’autochtones lors de l’explosion d’une planète ; des âmes peut-être ; des petits morceaux d’un puzzle qui n’auraient plus de signification !

Adèle Bessy
Adèle Bessy
Jeanine Rivais : Le spectateur passe en effet brutalement, d’une œuvre réaliste, sage malgré l’angoisse provoquée par la fixité des regards, à une œuvre de pure fiction ; de véritables grappes se bousculent, s’affrontent, confrontent leurs anomalies, leurs monstruosités : les humains sont devenus des humanoïdes, des centaures, des griffons… le petit peuple est arrivé à la cour du roi où se pressent seigneurs, fous et bouffons…
On entre de plain-pied dans la laideur des personnages de Jérôme Bosch, de Breughel, d’Arcimboldo… Diriez-vous que, soudain, vos créatures ont mis leur âme sur leur visage, que vous les peignez désormais, comme “elles se voient” ? Ou que, changeant de nom, l’artiste a réellement changé de registre ? Dans ce cas quelle définition donnez-vous de votre œuvre nouvelle ?

Adèle Bessy : Ils sont laids mais ils sont gentils malgré leurs grands nez et leurs bouches difformes. Je les peins ainsi parce que j’ai dépassé le problème physique. Mes personnages se montrent tels qu’ils sont ; ils ne sont plus concernés par leur enveloppe charnelle qui n’était que l’apparence. Ils étalent leur âme, leur intériorité dégagée de tout contexte social.

Jeanine Rivais : Mais puisque vous parlez beaucoup d’anges, vous auriez pu créer une fiction de personnages très beaux. Or, vous avez choisi de les faire tous laids !

Adèle Bessy : Je tourne beaucoup de choses en dérision et je suis très attirée par la caricature. En même temps, je crois que les gens sont souvent meilleurs qu’ils ne le paraissent ; au spectateur, donc, de deviner la beauté sous la laideur.

Mais c’est incontestablement la première partie de votre question qui m’intéresse. Après avoir peint l’extérieur, qui, en effet, était négatif du fait des regards fixes, j’essaie maintenant de peindre, de façon très expressive, l’intériorité de mes créatures.

En faisant grouiller tous ces gens qui, auparavant, ne montraient qu’une façade, j’ai libéré ce qui était en eux, leurs pensées bonnes et mauvaises, leurs inquiétudes, leurs angoisses. En fait, sous des dehors bénins, un être peut avoir les pensées les plus noires, les plus coupables, faire des cauchemars, hurler intérieurement !

Jeanine Rivais : En les peignant comme vous le faites, avez-vous conscience de vous être rapprochée de la culture ? Car les influences que j’ai suggérées sont tout à fait évidentes.

Adèle Bessy : Je n’en ai absolument aucune conscience. Peut-être font-elles partie de ma culture intuitive ? Si ces référents sont dans mon travail, ils y sont tout à fait inconsciemment.

Jeanine Rivais : En outre, si la précision de votre pinceau, l’art de rendre un velours, une dentelle, sont restées intacts, vos couleurs ont totalement changé : de dominantes bleues, vous êtes passée à des bruns vert-glauque, des ocres violacés : Pourquoi ce choix de nuances souvent morbides ?

Adèle Bessy : Mes sujets, mes images d’autrefois, mes décors me permettaient des couleurs claires. Aujourd’hui, je couvre la toile de taches brunes qui, au cours du travail, me donnent la liberté de faire “éclater” des plages claires, de rendre évidentes les formes des visages… Sans doute, pourrais-je procéder de même avec d’autres couleurs ? Je réalise ensuite des glacis parfois bleus, d’autres fois rouges qui, pour le spectateur, créent, peut-être, cette impression morbide ? Mais dans mon esprit la morbidité n’existe absolument pas.

Jeanine Rivais : Vous vous êtes, dans cette expression picturale nouvelle, “rapprochée” de la toile. Vous semblez travailler à tout petits coups de pinceaux, avec l’extrême minutie d’une dentellière…

Adèle Bessy : Faire naître, fignoler, parachever une telle multitude de petits personnages est en effet une œuvre de longue haleine qui exige une concentration, une précision extrêmes. C’est pourquoi je travaille avec une loupe très forte et passe de longs moments sur chaque partie de ma toile.

Jeanine Rivais : Oui, mais grâce à ce foisonnement, à la vie retrouvée et multipliée, à la vivacité, la jubilation perverse de vos créatures récentes, vos tableaux sont finalement moins porteurs d’angoisse que les premiers : êtes-vous d’accord avec ce paradoxe ?

Adèle Bessy : Oui, tout à fait. Mes personnages sont libérés, délivrés de leur carcan, de leur obligation de tenir un rôle ! Ils peuvent vivre, dire ce qu’ils veulent. Ils sont libres, par conséquent beaucoup plus jubilatoires.

Jeanine Rivais : Vous avez exprimé une très grande interaction entre vous et votre création : Quand vous passez sur un tableau le denier coup de pinceau, avez-vous l’impression d’être épanouie, d’être allée jusqu’à l’extrême bout de vos intentions ?

Adèle Bessy : Non, parce que tout ce que je mets sur la toile est spontané, non réfléchi. Néanmoins, peindre me procure un sentiment de libération par lequel je rejoins un peu mes personnages dans leur propre jubilation ! Mais je ne m’identifie pas du tout à eux, je les regarde en simple spectatrice !

Jeanine Rivais : En fait, Adèle Bessy s’est détachée des personnages auxquels se cramponnait Geneviève Mabillot ?

Adèle Bessy : Oui, pour moi ce sont des êtres qui vivent ailleurs, même s’ils sont, comme je l’ai dit, en même temps un peu anges gardiens ; des résurgences de l’éducation religieuse dont j’ai été imprégnée. Ce peuvent être des démons… mais dans mon esprit, ils ont été pardonnés.

Jeanine Rivais : Ils seraient donc, comme au tympan d’une église, des plages d’anges déchus ?

Adèle Bessy : C’est exactement cela. Ils sont là, comme le travail des imagiers ou les gargouilles des cathédrales, pour m’aider, peut-être à distinguer le bien du mal !

Jeanine Rivais : Pour conclure, quels sont vos projets, après votre importante exposition au Musée d’Art Naïf de Noyers-sur-Serein, en Bourgogne ?

Adèle Bessy : J’ai été très heureuse de réaliser cette exposition grâce à l’aide du peintre Yankel et du conservateur du musée. J’aimerais maintenant exposer dans d’autres musées. Je participe à Allonnes dans la Sarthe, à un salon d’artistes “hors normes”. Mais j’ignore quel impact aura mon travail, parmi les fresques, les sculptures… des autres artistes ?

 CET ENTRETIEN REALISE LE 26 JUILLET 1994 A ETE PUBLIE DANS LE N° 53 D’OCTOBRE 1994, DU BULLETIN DE L’ASSOCIATION LES AMIS DE FRANCOIS OZENDA.

TEXTES ET ETRETIEN ONT ETE PUBLIES DANS LE N° 29 DE JANVIER/MARS DE FEMMES ARTISTES INTERNATIONAL.

Mabillot et Bessy
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