Vivian Maier, née le  à New York, et morte le  à Chicago, est une nourrice professionnelle américaine et une photographe de rue amateur prolifique.

 vivian maier
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Vivian Maier a travaillé durant près de 40 ans comme nourrice à domicile, principalement à Chicago, photographe durant son temps libre, soit plus de 150 000 images prises durant sa vie, principalement de personnes et d’architecture à New York, Chicago et Los Angeles, bien qu’elle ait aussi voyagé et photographié à travers le monde. Tout au long de son existence, les photos de Vivian Maier sont restées inconnues et non publiées, un grand nombre de négatifs n’ayant par ailleurs pas été développés. Un collectionneur de Chicago, John Maloof, s’en procure quelques unes en 2007, tandis que deux autres collectionneurs de la même ville, Ron Slattery et Randy Prow, retrouvent également des photos et des négatifs dans les boîtes et les valises laissées par Maier. Ses photos sont pour la première fois publiées sur internet en 2008 par Slattery, sans attirer l’attention. Maloof de son côté, fait un lien entre son blog et le site Flickr avec une sélection des images de Maier, et le résultat devient viral, avec des centaines de milliers d’internautes exprimant leur intérêt.

La reconnaissance populaire et critique du travail de Vivian Maier suit rapidement, et depuis lors, ses photos ont été exposées en Amérique du Nord, en Asie et en Europe, tandis que sa vie a été l’objet d’ouvrages littéraires et de documentaires filmés.

 vivian maier
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« New York, New York, » 1954, 12″ x 12″, gelatin silver print
La découverte de son œuvre
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À la fin de l’année 2007, une partie des biens de Vivian Maier ont été mis aux enchères. Hospitalisée, elle ne pouvait plus payer la location du box qu’elle utilisait pour les stocker. Trois chineurs ont acquis ses biens via le commissaire priseur Roger Gunderson : Randy Prow, John Maloof et Ron Slattery.

C’est John Maloof, un jeune agent immobilier de 25 ans, président d’une société historique locale et à la recherche de photographies pour illustrer un livre qu’il coécrit sur le quartier de Portage Park à Chicago qui achète pour 400 dollars le plus gros lot de négatifs (30 000 négatifs, des dizaines de rouleaux de pellicule et seulement quelques tirages réalisés dans les années 1950-1960). Il n’y a pas d’images de Portage Park. Déçu, John Maloof remise son achat dans un placard.

En 2008, Ron Slattery est le premier à publier des photographies de Vivian Maier en ligne sans réels échos. À peu près au même moment, John Maloof ressort les négatifs, les numérise par centaines et commence à les vendre sur eBay. Il rencontre par ce biais un professeur d’art qui lui fait prendre conscience de l’importance de l’œuvre de Vivian. Il examine alors les milliers de pellicules encore embobinées et prend contact avec la maison de ventes aux enchères pour retrouver les acheteurs des autres lots et il les leur rachète et acquiert au total plus de 100 000 négatifs. Il la questionne aussi, désireux de connaître cette mystérieuse photographe dont il a aperçu les autoportraits impressionnés sur la pellicule 30 ou 40 ans plus tôt. Il apprend que ces cartons appartenaient à une dame âgée et malade dont on ne connaît pas le nom et il ne poursuit pas à ce moment-là ses investigations.

En avril 2009, John Maloof découvre dans un carton une enveloppe d’un laboratoire de photographie portant le nom de Vivian Maier écrit au crayon. Il tape le nom de Vivian Maier sur le moteur de recherche Google et apprend par un avis de décès paru quelques jours plus tôt dans le Chicago Tribune qu’elle est morte à l’âge de 83 ans. Les frères Gensburg, que Vivian Maier a élevés de 1956 à 1972 et qui se sont occupés d’elle dans les dernières années de sa vie, ont fait publier cette notice nécrologique :

« Vivian Maier, originaire de France et fière de l’être, résidente à Chicago depuis ces cinquante dernières années, est morte en paix lundi. Seconde mère de John, Lane et Matthew. Cet esprit libre apporta une touche de magie dans leur vie et dans celles de tous ceux qui l’ont connue. Toujours prête à donner un conseil, un avis ou à tendre une main secourable. Critique de film et photographe extraordinaire. Une personne vraiment unique, qui nous manquera énormément et dont nous nous souviendrons toujours de la longue et formidable vie. »

 vivian maier
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Si l’histoire de Vivian Maier prend fin pour les fidèles frères Gensburg, elle ne fait que commencer pour le monde entier qui la découvre par le livre de John Maloof Vivian Maier, Street Photographer. Ce livre reçoit partout un accueil admiratif et suscite de nombreux articles dans la presse américaine dont un article de William Meyers paru dans le Wall Street Journal du 3 janvier 2012 sous le titre « The Nanny’s Secret » (Le secret de la nounou).

Son secret est d’avoir réalisé au cours de sa vie près de 120 000 photographies de rue, sans les avoir vues elle-même pour une bonne partie puisqu’elle n’a pas toujours eu la possibilité ni les moyens financiers de développer ou de faire développer ses négatifs. Elle n’a pas montré ses tirages, n’a pas parlé de son travail et, a priori, elle n’a jamais tenté de tirer profit de ses clichés.

Au printemps 2010, Jeffrey Goldstein, un collectionneur d’art de Chicago, racheta 19 000 négatifs, 1 000 tirages et 30 films à Randy Prow qui avait participé à la vente aux enchères de 2007. Au total, le nombre des négatifs contenus dans les cartons de Vivian Maier s’élève ainsi à environ 120 000 négatifs.

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à la pousuite de vivian-maier

La reconnaissance d’une grande photographe

Ainsi naît une légende, celle d’un génie de la photographie découvert après toute une vie de prises de vue, un maître de la photographie de rue qui a vécu dans l’anonymat comme nounou à New York où elle est née et à Chicago où elle est morte. Depuis sa découverte extraordinaire en 2007, John Maloof se consacre à protéger l’œuvre de Vivian Maier. Il a classé ses documents et ses enregistrements audio, numérisé les quelque 150 films qu’elle a tournés, scanné et développé les négatifs de ses photographies. Il a recherché et interviewé plus de soixante personnes qui avaient connu Vivian Maier parvenant ainsi à reconstituer sa vie aux États-Unis et à cerner sa personnalité. Il a créé un site internet et une page Facebook dédiés à cette grande photographe, publié un livre de photographies préfacé par Geoff Dyer, un écrivain britannique membre de la prestigieuse Royal Society of Literature : Vivian Maier : Street Photographer chez PowerHouse Books, U.S. avec des photographies appartenant à sa collection. Il a produit enfin un documentaire Finding Vivian Maier avec Charlie Siskel qu’il présente dans une newsletter du 15 février 2013 comme « racontant l’incroyable histoire vraie du mystère de sa vie cachée ».

John Maloof, devenu un fin connaisseur de la vie et de l’œuvre de Vivian Maier, écrit dans le site officiel qu’il lui a dédié que Jeanne Bertrand a vraisemblablement initié Vivian Maier à la photographie, aux portraits et aux paysages mais que c’est en 1952 qu’elle a trouvé dans la rue les sujets de ses prises de vue et la manière de les photographier. Constatant bien des similitudes dans les photographies de Vivian Maier et de Lisette Model (1901-1983), il émet l’hypothèse que cette grande photographe qui a enseigné en 1952 la photographie à la New School for Social Research à New York – à laquelle Vivian Maier n’a pas été inscrite, observe-t-il – a eu une influence décisive sur le travail de Vivian Maier.

Jeffrey Goldstein fait vivre également son trésor : il a lui aussi créé une page Facebook et un site internet dédiés à Vivian Maier et publié un livre de photographies lui appartenant : Vivian Maier : Out of the Shadows de Richard Cahan et Michaël Williams chez CityFiles Press.

Dans un article dans Télérama, Lila Rabattie analyse l’œuvre de Vivian Maier en la replaçant dans l’histoire de la photographie au xxe siècle à laquelle appartient désormais cette très grande photographe : « Il y a, par exemple, ces portraits d’enfants noirs et blancs jouant ensemble alors que les temps étaient plutôt à la ségrégation. Des pauvres et des marginaux photographiés tels les empereurs célestes de l’Amérique. Là, c’est un Afro-Américain, comme sorti d’un songe, déambulant à cheval en pleine ville, sous un pont. Ailleurs, ce sont de vieilles rombières emperlousées étranglées par leur renard au sourire carnassier. Et puis il y a Chicago, ville à l’architecture conquérante et rationnelle, s’étalant à l’infini sur les négatifs… Ses images d’enfants saisis en plein jeu dans les rues de la ville rappellent en effet celles de sa contemporaine Helen Levitt (1913-2009), figure majeure de la « street photography », versant américain de la photographie humaniste française emmenée par Willy Ronis ou Robert Doisneau, la nostalgie en moins. Elle est pleine de tendresse envers les Afro-Américains, mais aussi implacable avec les riches que le sera Diane Arbus (1923-1971) lorsqu’il s’agit de leur tirer le portrait. On pense également à Weegee (1899-1968), qui arrivait avant tout le monde sur les scènes de crime de Manhattan, lorsqu’elle immortalise un ivrogne encadré par des policiers. Et à Robert Frank — le premier à oser des cadrages inattendus ou des images floues en 1958, dans son livre Les Américains — pour cette émouvante photographie « bougée » d’une femme en robe blanche, titubant vers son destin. Ses photographies de pieds de passants, cueillies au ras du trottoir, ou ses jeux de reflets dans les vitrines renvoient enfin au travail de Lisette Model (1901-1983), dont Diane Arbus fut l’élève. Mais Vivian Maier ne copie pas ses pairs, dont elle achète pourtant régulièrement les livres. Plus que ces derniers, elle magnifie les laissés-pour-compte, les marginaux, SDF, miséreux noirs ou blancs auxquels on sent qu’elle s’identifie. Son style fait le lien entre la photographie humaniste française et la photographie américaine des années 1955-1960, qui préfère montrer les êtres avec leurs failles et leurs faiblesses plutôt que de les idéaliser. Elle embrasse tous les sujets, tous les genres : natures mortes, paysages, portraits, autoportraits, dans lesquels elle se dévoile à peine, corps androgyne, visage chapeauté, refusant toute forme de séduction ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vivian_Maier

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One thought on “vivian Maier”

  1. Le nicole’s museum semble contribuer à ne pas laisser dans l’oubli les artistes, sinon à étendre et diffuser leur notoriété… hélas, combien d’artistes n’ont pas eu cette chance de sortir de l’anonymat…

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